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vendredi 17 octobre 2014

Insomnie

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jeudi 13 février 2014

Rencontre avec elle à Bruxelles

-Ok ma belle, termine ton assiette s'il te plait.

-Mais, papa c'est pas bon!

-Comment ça c'est pas bon? Ils sont super bons ces choux de Bruxelles! Je les ai fait cuire spécialement pour toi avec des petits morceaux de bacon en plus.

-Bin, c'est ça papa, le bacon il est bon, mais pas les choux.

-L'idée c'est que tu manges le bacon avec les choux, pas séparément. En plus c'est plein de bonnes choses dans les choux, plein de vitamines et minéraux pour que tu sois une belle grande fille en santé.

-Si c'est si bon pour la santé, comment ça se fait que ça goûte dégueu?

-Ah bin là, c'est parce que tu as trop habitué ta langue aux cochonneries, aux bonbons et aux chips et que tu n'est pas capable de goûter correctement les bonnes choses. Mais si tu manges plus de bonnes choses comme ces délicieux choux de Bruxelles, ta langue va s'y habituer et tu ne pourras plus t'arrêter d'en manger.

- …

- …

- HAAAA papa!!! C'est n'importe quoi!! Tu racontes plein de menteries! Tu veux me forcer à manger quelque chose de full dégueu! Pis si c'est si bon pour la santé, comment ça se fait que toi tu es malade?

Le pincement que provoquait cet argumentaire, je l'appréhendais depuis bien avant la naissance de ma fille. Malgré tout, l'attaque avait fait mouche, bénéficiant du moment pour m'atteindre par surprise. Je ne croyais plus pouvoir me faire atteindre par ce genre de commentaires; depuis le temps j'en avais vu de toutes les couleurs; des plus mesquins aux commentaires ignares; de la pitié mal placée à l'empathie calculée. La maladie possède le pouvoir immense de révéler la vraie nature des gens, de les confronter jusqu'au plus profond de leurs humanités. Il y a ceux qui vous regardent comme si vous étiez la peste incarnée, comme si vous étiez mortellement contagieux. Cette peur est sans doute l'écho de leur propre mortalité qu'ils voient se matérialiser en moi; c'est leur fragilité que ma présence met en évidence. D'autres fois je me demande si ce n'est pas simplement mon « imperfection » qui les choque, comme si on m'avait volé la partie identitaire me permettant de me fondre dans la masse. Longtemps je me suis demandé si j'étais malade ou si j'avais une maladie, comme si ce jeu de sémantique pouvait changer quoi que ce soit à ma situation. La maladie ne me définit pas, mais fait tout de même partie de mon identité. Comment donc m'en sortir? L’ambivalence que provoque ce trouble identitaire me place dans une position où le dégoût côtoie l’empathie et attire ceux qui, en quête de sens, se nourrissent de ma confusion. Ces parasites prenant des allures de fées bienfaisantes, s'immiscent dans ma vie prétextant l'amitié, s’abreuvent de mes blessures pour revitaliser leur estime froissée et font de moi le parfait faire-valoir à côté de qui, ils ont l’impression de s’élever au niveau de sainteté. Ma fille n’est ni un parasite ni une fée méprisable et je ne peux lui en vouloir d’avoir fait ressasser en moi ces souvenirs douloureux. 

- Je suis malade parce que quand j’étais jeune j’ai trop mangé de McDo et de cochonneries et pas assez de choux de Bruxelles, tu vois.

- Pourquoi tu me racontes des menteries papa? Je veux la vérité!

- Ok alors tu veux que je te dise quelque chose de vrai? Je vais te dire quelque chose de vrai. Si tu ne manges pas tous tes choux de Bruxelles, qui sont délicieux soit dit en passant, tu n’auras pas de dessert. Ya pas plus vrai que ça.

mercredi 20 novembre 2013

Hypertendu ou hypotendu ?

Hypertendu est devenu un projet, un récit de vie, parfois un journal intime, mais surtout une longue réflexion et j'aime prendre le temps de synthétiser et analyser ce que la maladie me fait vivre avant de vous l'exposer. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les publications sur Hypertendu ne paraissent pas à un rythme régulier. 

Cependant, j'avais besoin d'un nouvel espace pour m'exprimer autrement. Je prends donc quelques minutes afin de vous présenter mon nouveau blogue: Histoires d'un hypotendu. Ce blogue a pour objectif de laisser libre cours à mon imagination et me permettre de m'adresser à vous autrement qu'en lien avec la maladie. Je n'abandonne pas pour autant Chroniques d'un hypertendu, loin de là. Je reviendrai sous peu avec une nouvelle entrée pour Hypertendu. 

En attendant, Hypotendu a commencé sa revue musicale de l'année 2013 et je vais vous proposer 30 artistes qui, avec leurs nouveautés, ont meublé ma vie durant l'année. J'espère vous divertir et vous faire plaisir avec ce nouveau blogue! Si vous ne voulez rien manquer de mes publications, je vous invite à vous abonner par courriel grâce au bouton conçu à cet effet présent sur mes deux blogues. 

Bonne lecture, bonne écoute et à bientôt ! 


jeudi 26 septembre 2013

Annonce Classée (ou la fois où je feelais bin trop romantique)

Homme cherche femme. Je suis célibataire depuis plusieurs années et j'aimerais maintenant partager ma vie avec quelqu'un qui pourra répondre à la description suivante. Je cherche une femme « qui aime rire et boire du bon vin entre amis ». Ok, je niaise. Si tu fumes, ça part mal. Tu vois, j'ai assez de bobos comme ça. En plus, ça pue la cigarette (oui oui même quand tu fumes dehors. Tsé ton pète, même si tu le fais dehors, il sent la marde pareil). J'ai dit que j'avais des bobos. J'attends une greffe de rein. Si en lisant ça, ta première réaction a été « pauvre lui », tu peux aller lire une autre fiche; je n’ai pas besoin de ta pitié. Si ça t'excite, je suis confus, mais ça peut toujours marcher. J'ai des dialyses trois fois par semaine, alors faut que tu sois capable d'endurer mes sautes d'humeur, mes retours à la maison tardifs après mes traitements, ma fatigue omniprésente, ma déprime occasionnelle, que je ne puisse pas voyager, que je ne puisse pas prendre des vacances avec toi au chalet de tes parents, mes faibles revenus, que je ne puisse pas aller au restaurant en amoureux (ou pas), que je ne boive pas de bon vin entre amis, que je ne mange jamais la même affaire que toi (mais toi, tu pourrais manger la même affaire que moi). C'est compliqué, je sais, mais ce n’est pas impossible. 

Et puis tu sais, il y a ce moment où le téléphone sonnerait et qu'à l'autre bout du fil, il y aurait ce médecin qui m'appelle pour me dire qu'ils ont un rein pour moi. Ce serait un moment inoubliable; une grande joie et tu pourrais être là pour la partager avec moi. On hurlerait comme des fous, on se rendrait à l'hôpital en taxi en pleurant de joie tout le long du trajet en se disant « je t'aime, ça va bien aller ». Je te serrais très fort dans mes bras avant de disparaître dans la salle d'opération pendant que tu enverrais à tous nos amis des textos euphoriques. Tu serais aussi nerveuse que moi. Moi, c'est sûr que j'aurais la chienne comme je n’ai jamais eu la chienne. Je sais déjà que j'aurais des sueurs froides et la chair de poule.

À mon réveil tu serais là, souriante et magnifique malgré tes cernes et tes cheveux gras. Tu serais la première chose que je verrais et je tomberais amoureux de toi pour la deuxième fois. On se regarderait et on se mettrait encore à brailler. Je me dirais que je suis le gars le plus chanceux au monde de t'avoir et je voudrais te faire l'amour, te dire « je t'aime » encore et encore. On se tiendrait par la main en se disant de belles choses au moment où mes parents et nos amis entreraient dans la chambre. Le lendemain, tu aurais pris congé de ta job pour venir me voir. Je te dirai alors que tu en fais trop pour moi, que je ne mérite pas tout ça, que je ne pourrai jamais assez te remercier. Tu me diras de me taire et de profiter de chaque instant de bonheur qui m'arrive en ce moment. Je te dirais que j'ai peur d'être changé par la greffe et de ne plus t'aimer comme avant. Tu ne diras rien, mais ton sourire voudra tout dire. 

Il faudra encore que tu endures mes pilules et l'angoisse d'un rejet et l'idée qu'une deuxième greffe sera inévitable un jour ou l'autre et qu'il n'est pas exclu que je reprenne la dialyse malgré tout. Mais tout ça nous semblera bien indifférent tellement nous aurons vécu quelque chose d'unique et de grandiose. Écris-moi, je t'attends.

lundi 9 septembre 2013

Rock'n Roll.

Il y a quelques mois, j'ai commencé des cours de batterie. L'instrument, pas la pile. C'est une vieille passion que je n'avais pas encore mise à exécution. Comme le permis de conduire que je viens de passer avec succès, dix-sept ans après avoir complété l'examen pratique. J'aurais dû apprendre la batterie il y a plus de dix-sept ans, mais parfois l'adolescence est un labyrinthe où l'on se perd à force de se chercher. J'irais voir un disciple de Freud pour régler ça un de ces quatre, mais pas avant dix-sept ans. 

Revenons à notre musique. J'ai toujours aimé la batterie, c'est l'instrument qui vient me chercher avant même la guitare, avant la voix. Je comprends la complexité des mouvements employés et je visualise la difficulté d'exécution. J'entre dans un état d'hypnose, me laissant emporter par les rythmes divins de Danny Carey, batteur, percussionniste, génie du groupe américain Tool. Je bave d’incompréhension et d'admiration devant la perfection des mouvements de Martin Lopez, ex métronome de la formation suédoise Opeth. La liste pourrait s'éterniser, mettant en valeur différentes qualités pour chaque batteur. Mon premier coup de cœur a été Jimmy Chamberlin, membre fondateur des Smashing Pumpkins. À partir de ce moment, la batterie ne pouvait plus quitter mon esprit et tout devenait rythme. 

La semaine passée, mon prof m'a donné la partition de ma première toune! Je m'acharne donc à maîtriser à la perfection Back in Black de AC/DC! Rythme lent, répétitif, sans extravagances, bref, super facile. Super facile pour n'importe quel musicien qui a commencé enfant à apprendre la musique. À trente-trois ans (je vous bénis tous), j'avoue que c'est loin d'être instinctif. Je suis fasciné par le clivage qui existe entre la compréhension intellectuelle d'un problème et sa résolution physique. Il n'est pas tout de comprendre la théorie, encore faut-il la traduire dans le réel. Étrangement, cette épreuve m'a toujours donné de la difficulté, que ce soit dans un contexte relationnel, de travail, pour poser une question en classe ou encore, comme je m'intéresse ici, l'exécution d'une pièce musicale. La coordination de l'intellect et du corps n'est pas chose acquise semble-t-il.

Les mécanismes du langage sont rouillés chez moi, je crois! C'est comme lorsqu'on lit un article sur un sujet complexe et qu'on tente de le résumer à des amis. On comprend ce qu'on a lu, on saisit les problématiques, on entrevoit les conséquences en lien. Pourtant, lorsqu'on le « sort » à l'oral, c'est la catastrophe; bégaiements, hésitations, on revient sans cesse sur un « détail important » oublié, on s'enlise dans des parenthèses infinies, on y ajoute son opinion. Finalement, c'est un bordel total! La musique, elle, est direct et droite. Pour suivre note par note une partition, la traduction se doit d'être parfaite. Une erreur provoque l'absence d'une note ou une de trop et l'impact est immédiatement audible, il n'y a aucune ambiguïté. Le rock m'apprend à être direct, constant et clair, mais aussi, et surtout, à pratiquer comme un malade. Ça tombe bien n'est-ce pas?!

jeudi 20 décembre 2012

Zombie Apocalypse.

Avec l’apocalypse à nos portes, je dois me résigner à mourir. Lorsque les premières hordes de zombies affamées auront semé le chaos dans la ville et que les équipes médicales auront déserté leur poste dans l'espoir futile de revoir leur famille, je serais alors condamné. Privé de mes traitements, je mourrais tranquillement d'insuffisance rénale, m'empoisonnant le corps d'urée jusqu'à la suffocation, m'entraînant dans une montagne russe respiratoire, alternant apnée et hyperpnée pour finalement m'engouffrer dans un coma urémique sans lendemain. Je serais une pâture pour ces animaux assoiffés de sang impur. 

Dans l'éventualité où le virus mort-vivant camouflé dans le vaccin contre le H1N1 n'ait pas été déclenché en moi, je devrais choisir rapidement entre une mort ou une autre. Je pourrais toujours dépenser mes dernières énergies au combat à l'arme blanche, tranchant, perçant et décapitant les revenants jusqu'à me laisser cerner par un trop grand nombre. Il n'y aura pas d'hésitation de leur part. N'étant pas plus des bêtes que des humains, ces créatures démoniaques m’attaqueront de leurs morsures brûlantes déchirant la chair avec le peu d'efficacité conféré par la mâchoire humaine, mal adaptée à cette tâche habituellement concédée au règne animal. La mort sera alors atrocement douloureuse, mais brève. 

Peut-être encore, serais-je simplement converti moi aussi en marcheur, déambulant dans les rues, guidé par l'odeur des cerveaux frais. N'ayant aucune conscience, mon âme depuis longtemps évacuée de ce corps en décomposition, j'avancerais sans dessein, grommelant seulement les onomatopées d'usure du mort vivant. Selon la force des survivants et le nombre de zombies, je pourrais finir la tête éclatée d'une balle de fusil ou encore décapité à coup de hache. Il se pourrait toutefois que l'armée des ténèbres anéantisse toute vie humaine sur Terre et que, le corps en lambeaux, j'erre éternellement dans les rues dévastées. 

Quoi qu'il en soit, je vous souhaite une excellente fin du monde et de joyeuses fêtes! 
De retour en 2013 pour de nouvelles chroniques.

jeudi 27 septembre 2012

Mauvais rêve / La Force d'un guerrier.


Mauvais rêve.

J'ai reçu un appel téléphonique de l'hôpital hier. Le message m'indiquait que mon rendez-vous pour l'opération avait été fixé au 5 octobre. En entendant le nom du médecin, je savais pertinemment qu'il s'agissait de la fistule pourtant, la dernière fois que j'ai entendu ce nom nous étions en décembre. Presque un an plus tard, mon rendez-vous m'était attribué. Je croyais, j'espérais, qu'on m'avait oublié. Cette maudite opération et ce nom aussi « fistule », cet horrible nom qui pourrait très bien figurer au haut de l'affiche d'un film gore de série B : « Craignez, LA FISTULE!!! ». J'en ai fait des mauvais rêves.

Je n'irais pas jusqu'à dire des cauchemars, mais certainement un séjour dans un univers Finsher-esque, à l'époque où les tueurs en série le fascinait. Ce qui est bien en dialyse pour le docteur, c'est que le patient ne peut pas se sauver (j'imagine que les cas répertoriés où les patients se sont sauvés lors de consultations sont assez rares, mais au moins la possibilité existe lorsqu'on n'est pas branché à une machine qui vous pompe le sang). Les médecins peuvent me dire les pires atrocités, me faire miroité les avantages d'une opération, qui à mes yeux se rapproche plus d'une pratique de boucherie que d'un geste médical, sans que je puisse prendre mes jambes à mon cou en hurlant ma désapprobation, cloué et vulnérable à cette chaise plus ou moins confortable. Et comme seules les perversions de l'inconscient savent le faire en dormant, ce médecin se dédoublait, m'entourant maintenant de clones, m'intimant à l'unisson d'approuver la démarche carnassière. J'apparaissais soudainement en sale pré opératoire, revêtant uniquement la jaquette de tissu empestant l'eau de javel et dévoilant mon dos et mes fesses nues, le froid de la climatisation à outrance de la salle d'opération me glaçant les os et l'esprit. Et ce blanc, ce blanc froid jaillissant des puissantes ampoules et se reflétant à l'infini sur les céramiques encore plus blanches des murs de cette salle de torture. Pourquoi toute cette blancheur si ce n'est que pour accentuer le rouge flamboyant de mon sang sous le scalpel. J'observais l'équipe médicale former un coccus; ils se consultent, se font un plan de match, un plan d'attaque et je savais, puisque je rêve, de quoi il s'agit. Ils planifient m'anesthésier de force afin de pratiquer l'opération contre mon gré et je les observe toujours, paralysé par le froid et maintenant, par la peur.

Évidemment, tous les rêves se terminent de la même façon. Un de mes médecins m'a déjà dit quelque chose comme : « L'important ce n'est pas que tu aies les résultats de test sanguin parfait, ou que tu prennes la méthode la plus perfectionnée. L'important c'est que tu te sentes le mieux possible, peu importe les résultats sur papier ». Ces paroles m'ont rassuré à ce moment, mais ce ne sont pas tous les médecins qui semblent partager cet avis. Parfois ils insistent un peu trop sur la méthode parce que « sur papier » c'est la meilleure. J'ai eu ma dose de stress et d'angoisse ces deux dernières années pour combler quelques décennies et pourtant, ce n'est pas terminé. J'ai réglé le cas de la fistule ce matin et j'en suis soulagé. Maintenant, si je pouvais juste dormir tranquille...

* * *

La Force d'un guerrier.

Quand Dave m'a téléphoné, j'ai cru qu'il me faisait un mauvais coup. On ne se voit pratiquement jamais, nous ne sommes pas des amis proches, mais tout de même, je l'aime bien. Par contre, ce qu'il me dit à l'autre bout du combiné ne fait aucun sens : « Ben est à l'hôpital aux soins intensifs, il a eu un accident de travail. Il a reçu une cage de 800 livres sur la tête. Va le voir, il est au General ». La nouvelle est surréelle, je ne sais pas quoi dire et encore moins comment réagir. Une des premières choses qui me vient en tête est que ça tombe bien, moi aussi je suis au General. Outre cet égoïsme à peine voilé, je n'arrive pas à saisir l'ampleur de la situation; après tout, ces choses là n'arrivent pas à nos amis et quand elles arrivent ce sont toujours de petites blessures. Pourtant, une cage de 800 livres, ça doit laisser quelques séquelles, non?

Le lendemain je suis allé voir Ben aux soins intensifs. On m'avait prévenu qu'il avait le visage « magané ». Ce que j'ai vu était extraordinaire dans sa définition la plus littérale : « qui sort de l'ordinaire » ou encore « qui étonne par son aspect bizarre, singulier ». Bien que j’arrivais à lire les traits sur son visage qui font de Ben celui que l'on reconnaît, la métamorphose causée par le terrible choc qu'il avait subi était inimaginable. Le visage boursouflé au point où la peau de ses joues semblait pouvoir céder à tout instant, les yeux fermés par des paupières grosses comme des poings et ses lèvres gonflées comme si on lui avait joué un mauvais tour en chirurgie plastique. Autour de lui, des machines, des solutés, des pompes; l'artillerie lourde quoi. J'en étais presque jaloux tellement l'équipement était moderne!

Je me suis approché et je me suis identifié. Son premier geste, car il bouge on m'a dit; il bouge les doigts et les orteils ce qui est une très bonne nouvelle vu les circonstances, a été de me faire un signe de la main qu'on voit dans tout bon rassemblement métal. Merde! L'incrédulité amère faisait place à la stupéfaction. Puis il s'est mis à bouger les jambes et les bras pour me faire comprendre qu'il était en parfaite santé. Incapable de parlé et entubé pour respiré, il communiquait en écrivant sur des feuilles de papier. Ce qui m'a frappé, c'est dès qu'il s'est mis à bouger, j'ai reconnu cette gestuelle qui lui est propre.

Ben à frôlé la mort et il aura certainement des séquelles au visage. Mais pour lui, ce n'est rien. Ce que j'ai vu ce jour-là, c'est une force colossale, je ne peux pas utiliser le mot courage, car il n'a rien vu venir. C'est plutôt comme si la mort s'était heurtée à plus fort qu'elle. Et Ben dans tout ça, on dirait que ça l'a insulté, comme s'il lui disait : « Té sérieuse? C'est ton meilleur coup ça? C'est une joke ou quoi? ». Ce que j'ai constaté ce jour-là, c'est un homme tellement fort, même cloué à son lit, que j'en suis intimidé. Je ne peux attendre de te voir sur tes deux jambes Ben! À bientôt.  

vendredi 8 juillet 2011

Un avenir trouble

Je suis allé passer un test la semaine passée. Pas de prises de sang, pas de machines sophistiquées, juste un bon vieux questionnaire. Trois sections d'une dizaine de questions chacune afin de m'indiquer ce que je devrais faire dans la vie. Cela faisait un bon moment que je songeais à faire une telle démarche. Au terme de mon bac, l'occasion de trouver un travail à mon goût ne s'est jamais présentée; c'est plutôt une succession de malheurs qui s'est pointé le nez. Quand j'ai finalement appris que mes reins foutaient le camp, je me suis dit que j'en profiterais pour méditer et élucider le mystère de mon avenir.

Toutefois, je ne suis pas de ceux qui changent du tout au tout après un traumatisme. Je n'ai eu aucune révélation divine, je ne me suis pas soudainement trouvé une passion pour la vie et mon profil de personnalité « AIE » (Artistique, Investigateur, Entreprenant) n'offre finalement aucune possibilité de formation selon le système informatique! Je continue donc à errer dans le néant professionnel en attendant de trouver une source de motivation. Si on enlève le « E » de mon code, on obtient tout plein de suggestions tel que céramiste, styliste de fourrure et bien évidemment, mime!

En attendant, vous pouvez toujours me suivre sur cinefilic.com parce qu'en plus de chialer sur ma vie, je chiale aussi sur le cinéma!

À suivre...

vendredi 24 septembre 2010

Zombies du matin

J’ai un ami qui a mis en ligne un lien vers un vidéo d’un groupe qui s’appelle Zombie Zombie. C’est très bon ce qu’ils font; en fait c’est de la musique de film de zombies. Chaque toune pourrait jouer dans un film de zombie. Bref, je télécharge l’album, le mets sur mon iPod et prends le métro avec ça qui joue à fond dans mes oreilles. Il est 8h du matin, je suis dans le métro et j’ai de la musique de film de zombie qui joue dans mon crâne. Et il n’est pas 8h du mat en forme et énergique non, il est 8h du mat j’me suis levé à 6h et j’ai pas dormis parce que je fais de l’insomnie parce que je me réveil parce que j’ai chaud, par ce que je sue, par ce qu’il faut que j’aille pisser : je me suis levé au moins 5 fois pour aller pisser cette nuit. Je me lève toutes les nuits pour aller pisser plein de fois… On me dit « té comme une femme enceinte ». Bin justement, je me crosse tellement souvent que je serais pas surpris d’avoir réussis à m’enfanter. Mais même en me crossant à fond, ya pas moyen que je dorme comme du monde. En plus j’ai ce sale début de rhume que tout le monde a : j’ai le nez bouché, les yeux qui piquent, la gorge en feu… j’ai pas encore oublié ma gourde d’eau à job ?! Alors il est 8h du matin, chu crevé et j’ai une trame sonore de film d’horreur, de film de zombies pour être plus précis, qui joue à tue-tête dans ce mélange de rêve éveillé et de réalité douteuse. Et le métro à 8h du matin c’est étrangement pas comme le métro une demi-heure plus tard : ya plein de monde dans le métro à 8h du matin. Non seulement ya plein de monde, mais en plus ils ont tous une gueule de déterrés. J’ose pas regarder personne dans les yeux et je serre la pole un peu plus fort. Ma pression doit faire du 152/106 (vous savez, je vais toujours y revenir à cette foutue pression), mon cœur fait quelques bonds d’arythmie… ais-je entendu grogner derrière moi ? Ya cette foutue musique inquiétante qui arrête pas de jouer dans le métro : ils sont malades ou quoi, il est 8h du matin ! Je regarde à droite si y’en a pas un qui me regarde en sortant les dents. Je vérifie la distance entre mon bras tendu et la bouche de la personne la plus proche. Je regarde à gauche aussi : on a toujours l’impression que le danger va venir de notre droite, mais faut pas négliger la gauche aussi… Si je suis pour être le dernier survivant de l’apocalypse de zombies, le métro c’est bien le pire endroit où je peux me retrouver. J’aurais jamais dû prendre le métro !